Voir plus loin et investir

 

Selon Luc Bontemps, installer plus de radars, plus de ralentisseurs, augmenter le nombre d’alcootests, montrer beaucoup plus de sévérité au niveau des retraits de permis, n’apportera aucune garantie quant à une réduction plus que notoire du nombre d’accidents. « Un conducteur peut être flashé pour un excès de vitesse et causer, dix minutes plus tard, un grave accident. S’il s’avère toutefois important de maintenir ces diverses mesures et de traiter au mieux les zones à risque, il est devenu nécessaire d’aller beaucoup plus loin en investissant dans les données personnelles. »

 

Quid de ces données ?

 

Lorsqu’on interroge la FEBIAC sur ce qu’elle entend par données personnelles, la réponse est précise. « Aujourd’hui, nous disposons de technologies modernes, tels Internet et l’intelligence artificielle, susceptibles de réduire la sinistralité. Au-delà, nombre de véhicules sont équipés de sensors qui analysent l’environnement et réagissent si nécessaire. Pour exemple : analyser la distance qui vous sépare du véhicule qui vous précède, freiner automatiquement si nécessaire… Reste que ces technologies n’ont pas encore été rendues obligatoires. Cela dit, on dispose aujourd’hui de nombreuses données enregistrées par le véhicule, mais que nous n’exploitons pas de façon optimale. L’idée serait que, d’origine, un boîtier soit installé dans chaque véhicule et que toutes les informations qu’il avalerait puissent remonter (anonymement) en surface pour être analysées. Manière de comprendre le flux de la circulation et permettre ainsi aux autorités de développer un plan d’action efficace au niveau de la mobilité. D’autre part, ce même boîtier analyserait également le comportement du conducteur et son style de conduite. Manière à ce qu’il apprenne, si besoin est, à être en adéquation avec l’environnement. À quoi sert un véhicule à faible émission de CO2 si l’utilisateur n’adopte pas une conduite adéquate ? »

 

Ch. Demoulin