Réduire l’empreinte écologique tout en faisant croître le marché de l’automobile au Luxembourg, les objectifs ne sont pas les mêmes pour tout le monde !

Côté Ministère du Développement Durable et des Infrastructures, la tâche est ardue, faire réduire l’empreinte écologique liée à la mobilité représente un véritable tour de passe-passe dont les solutions ne sont pas toujours simples à trouver.

Côté réseau de distribution, tout en étant concerné par la mobilité, la volonté de faire croître son chiffre d’affaires et surtout sa profitabilité reste la préoccupation quotidienne des concessionnaires.

N’oublions pas le rôle important des enseignes de location long terme qui, elles aussi, ont la mission d’évoluer positivement malgré cette crise qui nous pénalise depuis maintenant 6 ans.

Dans ce cas et à la prise de connaissance des objectifs diamétralement opposés, existe-t-il une place réelle à la solution ? Le compromis n’est pas simple et demande beaucoup de confiance entre les différents acteurs du marché. Comme dans toute bonne cuisine, seule la conjugaison des meilleurs ingrédients fera que le plat répondra à vos attentes ou pas. Et bien dans le cadre de mon explication liée directement au marché “Fleet”, il s’agit vraisemblablement du même schéma de principe où les ingrédients sont à la fois le Ministère, le loueur, le concessionnaire et …également l’entreprise disposant de son parc automobile.

La première question à se poser est très certainement : « comment faire chuter la production de CO2, sans diminuer nécessairement le nombre de véhicules d’entreprises fréquentant quotidiennement les routes du pays ? ». La réponse a, à mainte reprise, été soulignée par la Fédération des Loueurs de Véhicules (FLLV). Plus les modèles qui composent le parc de l’entreprise sont récents, plus ceux-ci sont respectueux de l’environnement et produisent de moins en moins de CO2 et autres particules (suivant les chiffres de la SNCA, en se basant sur les taux d’émissions des nouveaux véhicules immatriculés entre 2008 et 2012, la moyenne a chuté de 22 gr en 4 ans, passant de 160 gr à 138gr/CO2/km). Tenant compte de la durée d’utilisation moyenne de 4 ans d’un véhicule acquis par la formule du leasing opérationnel, nous nous trouvons ici, face au premier ingrédient qui devrait nous permettre de tendre vers les objectifs gouvernementaux, sachant que contrairement à cette formule, les véhicules achetés sur fond propre, risquent d’être utilisés beaucoup plus longtemps (8 à 9 ans en moyenne). Le calcul est donc vite fait, nous disposons au Luxembourg de +/- 40 000 véhicules d’entreprises achetés sur fond propre qui parcourent en moyenne 30 000 km par an.

Voici donc une des pistes non négligeables permettant à la fois la croissance du volume d’affaires des enseignes de leasing et une garantie d’optimisation du respect de l’environnement, sans oublier que la majeure partie des véhicules en fin de contrat sont revendus sur des marchés étrangers et donc n’aggravent pas les chiffres « verts » nationaux.

Nous disposons d’une première solution équitable pour déjà deux parties, mais comment faire pour accroître le volume de vente « voitures de sociétés » de nos garages sans pour autant augmenter le nombre déjà trop important d’usagers sur nos routes ?
Si je m’en réfère aux chiffres présentés par la SNCA en mai 2013, le nombre de véhicules achetés à l’étranger par les sociétés de location luxembourgeoises (FLLV + 4 institutions financières) pour leurs clients conducteurs d’un véhicule d’entreprise représente 19.63 %, plus exactement 21,02% pour les voitures et 11,76% pour les camionnettes. Dans ce cas, un véhicule d’entreprise sur cinq est acheté hors de nos frontières, dont un sur six en Belgique. Je vous rassure, cette situation est très souvent indépendante de la volonté du loueur respectueux du souhait de son client et donc du choix du conducteur ou de son entreprise.

Nous disposons donc enfin de l’ensemble des ingrédients qui devrait nous permettre d’atteindre les objectifs bien différents de nos acteurs locaux:

  1. Accroissement des affaires de notre réseau de distribution par la récupération des achats faits hors frontières et sans augmentation du volume total des utilisateurs.
  2. Garantie d’utilisation des véhicules les plus performants en termes de respect de l’environnement si ceux-ci font l’objet d’un programme de location long terme.

Restera à sensibiliser les décideurs en entreprise, pour acheter luxembourgeois tout en se penchant sur les formules d’acquisition les mieux adaptées. Ajoutez à cette recette, la possibilité de se pencher encore plus vers les solutions alternatives que sont les nouvelles motorisations électriques et autres hybrides, mais également sur la volonté de chacun de changer nos habitudes et de vouloir accélérer l’éclosion des formules de car pooling, car sharing et transport en commun.