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Le “Private Lease” va-t-il convaincre les Luxembourgeois ?

Déjà bien implanté en Angleterre, aux Pays-Bas, en France ou en Belgique, le ‘Private Lease’ fait timidement son apparition sur le marché luxembourgeois. Il s’agit d’une formule de location longue durée ‘all in’ qui, largement utilisée par les entreprises, s’adresse cette fois exclusivement aux particuliers. Décryptage…

Les chiffres le confirment mois après mois, le Luxembourgeois reste un grand passionné d’automobiles. Malgré les inconvénients liés à une congestion grandissante, malgré une hausse significative des prix du carburant, la voiture n’a jamais été aussi populaire. Mais ce qui est peut-être en train de changer, c’est la manière dont la voiture est utilisée. Privilégier le simple usage du véhicule – au détriment de la possession – commence doucement à entrer dans les mœurs de consommation. Surtout parmi la jeune génération. Le ‘Private Lease’ s’inscrit précisément dans cette évolution.

 

Une formule ‘tout compris’ qui séduit

Parmi les phénomènes marquants de cette année 2018 sur le marché automobile, on remarque un intérêt de plus en plus marqué des automobilistes vis-à-vis de formules proposant une utilisation du véhicule plutôt que sa possession. Et c’est précisément là que le ‘Private Lease’ entre en ligne de compte. Pour ceux à qui le terme ne parle pas encore, le leasing privé s’apparente à une formule de location longue durée où tous services sont inclus. Et cette fois, elle s’adresse exclusivement à la clientèle particulière (et résidente). Pour un loyer mensuel fixe, une durée et un kilométrage déterminés, l’automobiliste a la possibilité de jouir librement de l’utilisation d’un véhicule. La propriété du véhicule reste toutefois l’apanage de l’organisme prêteur. Les instigateurs de ce type de financement sont souvent les sociétés de leasing ou les constructeurs automobiles au travers d’un partenariat avec leur bras financier.

Le ‘Private Lease’ propose cette particularité d’afficher un prix mensuel compétitif voire, dans certains cas, carrément agressif. Chez nos voisins belges, il n’est pas rare de voir un prix affiché sous les 200 € par mois pour certains petits modèles.

C’est surtout le cas pour des offres ciblées sur certains modèles, notamment des fins de stock chez les constructeurs. Cette formule, utilisée au début du « Private Lease » est désormais moins fréquente car elle comporte de gros risques pour les sociétés de leasing et/ou les constructeurs. Ces offres ciblées ne sont pas forcément populaires chez les concessionnaires n’ont plus car elles ont un potentiel de fidalisation assez faible, tant au niveau des prestations hors vente que du renouvellement.

 

Moins cher qu’un achat pur et dur ?

Toutefois, il reste très compliqué – voire impossible – de mesurer précisément l’intérêt économique d’un ‘Private Lease’ par rapport à un achat pur et dur dans la mesure où les deux formules sont diamétralement opposées. D’un côté on parle d’utilisation du bien avec retour chez le fournisseur à la fin du contrat alors que de l’autre, il s’agit de possession avec investissement de capital et plus-value – ou moins-value – possible au moment de la revente. Toute comparaison apparaît donc hasardeuse voire impossible. Toujours est-il que la formule reste attrayante et qu’il convient à chacun de procéder à ses propres analyses avant de faire le grand saut.

Si le ‘Private Lease’ séduit de plus en plus de particuliers – environ 30.000 contrats auraient été signés en Belgique depuis début 2017 selon les rares sources disponibles –, c’est avant tout grâce à son côté ‘all-in’ d’une rare simplicité. Le budget est fixe et maîtrisé, le paramètre durée/kilométrage est connu et tous les services sont inclus. Mis à part le carburant et les éventuelles amendes, aucune surprise ne peut pointer le bout de son nez. A condition toutefois de ne pas sortir des paramètres du contrat et d’entretenir son véhicule ‘en bon père de famille’…

Le leasing privé apparaît également comme une formule très intéressante pour les jeunes conducteurs dans la mesure où la prime d’assurance est mutualisée et reste dès lors abordable y compris pour les jeunes généralement pénalisés par une prime de risque exorbitante.

 

La prudence reste de mise

Pour les conducteurs de voiture de société déjà familiarisés avec la location longue durée, le conseil n’a que peu d’intérêt car ils connaissent la musique. Cependant, pour les autres conducteurs, il faudra absolument veiller à ce que le véhicule soit en bon état au moment de sa restitution chez le propriétaire au terme du contrat. Certes, certains dégâts propres à une usure normale en fonction de la durée seront tolérés mais des frais de remise en état du véhicule seront vraisemblablement pris en compte si l’état de la voiture est jugé hors des normes prévues. Ces frais pourront parfois paraître conséquents au moment de recevoir la facture finale. Il faudra donc bien tenir à l’œil cet aspect et s’assurer d’avoir une bonne connaissance de la politique de fin de contrat de l’organisme prêteur dans ce domaine.

Enfin, un dernier petit conseil avant de vous lancer… Assurez-vous de bien regarder dans les détails l’offre proposée avant de signer. Vous constaterez en effet que certaines formules pourtant appelées ‘Private Lease’ ou ‘Personal Lease’ diffèrent quelque peu du leasing au particulier ‘classique’. Il faut être conscient que certaines offres exigent un acompte – ou premier loyer majoré – et souvent un dernier loyer plus important pour solder le contrat avec possibilité de rachat du véhicule. Dans ce cas précis, il ne s’agit plus d’un ‘Private Lease’ mais bien d’un crédit-ballon quelque peu déguisé sous une appellation usurpée. Le but le manœuvre est d’attirer l’attention par l’affichage un loyer plus compétitif par rapport à un ‘Private Lease’ ‘classique’.

 

 

Un démarrage relativement lent à Luxembourg

Alors que plusieurs sociétés ont lancé leur formule de « Private Lease » en début d’année, force est de constater que cette formule ne rencontre pas encore le succès escompté. Sur base de notre enquête et sans parler des formules de type renting ou crédit-ballon, le « Private Lease » représente, à Luxembourg, une centaine de contrats actuellement. On constate aussi que les sociétés de leasing ne la proposent pas (encore) en front-office. Par rapport à leur core-business, ce produit nécessite en effet une toute autre approche, assez énergivore au niveau des explications à fournir ou encore au niveau des démarches administratives.

 

5 raisons pour expliquer un démarrage lent à Luxembourg

  1. Cette solution n’a pas bénéficié d’un lancement commercial aussi visible qu’aux Pays-Bas ou en Belgique où des réseaux tels que Mediamarkt ont collaboré avec les sociétés de leasing pour la commercialisation du produit, à renfort de budgets marketing très élevés. Elle doit dès lors encore rencontrer son marché.

 

  1. On constate aussi que contrairement aux pays voisins, les offres promotionnelles sont plus rares et moins agressives. Elles ne rencontrent en outre pas de succès. Peu (voire pas du tout) de commandes sont en effet passées sur ces offres. Comme l’ont confirmé certaines études, le consommateur luxembourgeois préfère configurer son véhicule par lui-même et reste souvent attiré par des marques premium. Le prix moyen accepté pour ce type d’offre est également plus élevés que dans les pays voisins.

 

  1. Le marché a encore besoin d’être éduqué. Trop souvent, les particuliers comparent cette formule à des solutions de financement, sans considérer le coût des services inclus (assurances, pneus, entretiens,…) dans leur comparaison. Il faut dire que peu de particuliers sont capables de définir le budget annuel total que représentent leur véhicule, si on considère tous les facteurs de coûts. Des solutions sont introduites sur le marché pour répondre à ce besoin d’information, comme le portail www.myprivatelease.be qui reprend, pour la Belgique, toutes les offres disponibles sur le marché ainsi que de nombreuses informations pour bien comprendre le produit. Une version luxembourgeoise de ce site sera d’ailleurs disponible prochainement.

 

  1. Les sociétés qui commercialisent ce produit doivent repositionner leur stratégie marketing. Elles se sont souvent adressées aux jeunes alors que ce produit semble plutôt intéresser d’autres segments comme les personnes ayant déjà fait l’expérience du leasing et de ses avantages ou des personnes d’un âge un peu plus mûr. Il semble aussi que cette formule soit utilisée pour répondre à de nouvelles formes d’utilisation du véhicule : des grands-parents qui souhaitent financer un véhicule pour leurs petits enfants ou encore des familles qui souscrivent à plusieurs à un leasing afin de bénéficier d’un véhicule 7 places plus familial.

 

  1. Le taux de refus au niveau du crédit semble actuellement assez élevé. De par sa visibilité et ses prix attractifs, il est probable que cette formule attire également des particuliers qui se sont vus refuser un financement auto. Certains autres espèrent peut-être, à travers cette formule, accéder à des véhicules qu’ils ne peuvent cependant se permettre financièrement.

Article de Laurent Gouverneur et de Marc Demoulin

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