Dans le cadre de sa série d’articles consacrés à l’ouverture de l’Autofestival 2021, link2fleet s’est entretenu avec Dominique Roger qui s’exprime ici exclusivement avec sa casquette de président de mobiz, la fédération des loueurs, membre de la House of Automobile.

link2fleet : Comment le secteur aborde-t-il cet Autofestival 2021 étant donné le contexte que nous connaissons actuellement ?

Dominique Roger : Ma première réflexion est que l’on sent une réelle volonté des acteurs économiques à aller de l’avant. Après une période où nous avons parfois été confrontés à un certain  immobilisme bien compréhensible caractérisé par un allongement de la durée des contrats de leasing et un report des commandes, les entreprises semblent prêtes à réinvestir. Certes, on ne s’attend pas à de grands projets de développement mais nous devrions revenir à un meilleur niveau  en termes de nouvelles commandes.

Vers un futur électrifié

l2f : Votre secteur a-t-il laissé beaucoup de plumes dans l’aventure ‘confinement’ ?

D.R. : De par la nature de notre activité – un contrat de services lissé sur 3 ou 4 ans -, nous avons sans doute été directement moins exposés que d’ autres métiers de l’automobile. Nos membres ont d’ailleurs enregistré une régression vis-à-vis de 2019 généralement plus limitée que celle du marché total qui termine à moins 18% au niveau des nouvelles immatriculations de voitures particulières. Il n’en reste pas moins que  les contrats prolongés vont commencer à rentrer dans les sociétés de leasing en 2021 et qu’il faut croiser les doigts pour que le marché de l’occasion reste porteur. Il y a aussi la question de la solidité financière de certains clients, plus la crise s’éternise plus le risque d’insolvabilité augmente.

l2f : D’autres paramètres que le marché de l’occasion entrent-ils en ligne de compte pour la croissance de votre secteur ?

D.R. : A part un risque éventuel de fiscalité déraisonnable, il n’y a pas d’élément particulier qui nous inquiète pour l’avenir. Bien sûr le grand nombre de changements fondamentaux qui interviennent dans l’industrie automobile et dans la mobilité, nécessite un effort de notre part pour les traduire dans notre offre. Il faut aussi les décoder, les expliquer et accompagner nos clients. Il est de plus en plus compliqué pour eux de s’y retrouver et de faire les bons choix, c’est une opportunité pour nous de prouver encore notre expertise et notre valeur ajoutée. Il faudra donc que notre secteur reste vigilant à tous les signaux lancés par un marché en pleine transformation.

Nous soutenons fortement le fait que les hybrides rechargeables puissent continuer à bénéficier de la prime car ils constituent un maillon essentiel dans cette transition vers le 100% électrique.

l2f : Puisque nous parlons d’électrification des flottes, pensez-vous que 2021 constitue une année charnière ?

D.R. : Cela dépendra fortement du prolongement des primes qui actuellement sont validées jusqu’au 31 mars 2021. A ce sujet, la HOA collabore de manière très proactive avec le gouvernement afin que les meilleures conditions soient garanties dans le cadre de cette transition énergétique. Nous soutenons fortement le fait que les hybrides rechargeables puissent continuer à bénéficier de la prime car ils constituent un maillon essentiel dans cette transition vers le 100% électrique. On devrait rapidement être fixé à ce sujet-là. A plus longue échéance, la HOA est également impliquée dans les discussions qui encadrent la future grande réforme fiscale de 2022 où la taxation  de l’Avantage  en Nature sera probablement impacté.

La dynamique de l’électrification est déjà en route au Grand-Duché.

l2f : Sur le long terme, pensez-vous que toutes les conditions soient réunies pour réussir cette fameuse transition vers l’électrique ?

D.R. : Le processus est bel et bien en marche au Grand-Duché. La dynamique est bonne et elle est en adéquation avec la photographie de l’offre et la demande que l’on observe actuellement. Il est clair que  la demande en véhicules 0 émission  s’accélère, pour y faire face, il faudrait rapidement renforcer une infrastructure de recharge encore trop réduite. surtout dans les entreprises, mais également dans le domaine public notamment en matière de recharge rapide. Nous saluons toutefois la mise en activité des premiers « super-chargy », ce qui constitue un bon signal. Du côté des loueurs, nous sommes prêts avec une offre ‘leasing électrique’ qui permet aux utilisateurs de gérer tous les aspects de la recharge et de la consommation, même s’il s’agit de frontaliers domiciliés dans un autre pays.

On le constate, la confiance est bel et bien présente du côté de mobiz même si on regrette que l’Autofestival de cette année sera tout sauf … festif.