Le gros Cayenne a été pour Porsche une poule aux œufs d’or. Mais avec la nouvelle taxation des SUV, le downsizing est à l’ordre du jour. C’est la raison pour laquelle le constructeur propose à présent un SUV compact, le Macan. Le nouveau venu offre une alternative sportive à l’Audi Q5, la BMW X3 et – avec un peu de bonne volonté -, à la petite Range, l’Evoque. 
 Au stade actuel, Porsche propose trois motorisations, toutes des V6 suralimentés. Deux fonctionnent à l’essence : un 3,0 litres biturbo de 340 ch (Macan S) et un 3,6 litres biturbo (Macan Turbo) de 400 ch. Côté diesel, le 3,0 litres turbo du Macan S Diesel développe 258 ch ou – plus intéressant fiscalement – 211 ch. Tous les moteurs sont associés à une boîte automatique à sept rapports et double embrayage. La traction intégrale permanente complète le tableau. Le gros de la puissance va aux roues arrière, sauf lorsqu’elles perdent de l’adhérence.

DESIGN

Porsche a pu se servir dans le magasin Audi (de la Q5) pour limiter les coûts de développement. Pour autant, le Macan est bien plus qu’un Q5 modifié. Porsche est parvenue à donner les bonnes proportions au véhicule, refusant de se contenter d’un SUV classique avec l’incontournable avant de la 911. Flancs larges, ligne de toit descendante, nez typiquement Porsche : la voiture doit son identité à sa forme plutôt qu’à un coûteux logo.

CONFORT

Le conducteur de SUV appréciant généralement une suspension confortable, Porsche devait trouver à cet égard une solution créative. Les véhicules de la marque sont faits pour une conduite sportive, chose difficile à concilier avec un poids important et un centre de gravité haut placé. Aussi le constructeur propose-t-il trois possibilités. La première est une suspension traditionnelle. En option – deuxième formule -, la suspension bénéficie d’un amortissement à pilotage électronique avec une position confort et une position sport. Baptisé PASM (Porsche Active Suspension Management), le système peut aussi recevoir l’appoint du package Sport Chrono, qui ajoute à la panoplie un réglage Sport Plus. Troisième possibilité : la suspension pneumatique. C’est celle que nous avons essayée. En position confort, le comportement est très accommodant. Une pression sur le bouton suffit pour passer en mode « Sport » ou « Sport Plus ». Cela fait, les réglages se durcissent nettement. Le bon choix pour une randonnée dynamique. Au prix du confort… La réactivité de la pédale d’accélérateur se fait aussi sensiblement plus sportive, de même que le passage des rapports.

FONCTIONNALITES

Dans son segment, le Porsche Macan n’est pas le plus étriqué. À l’avant, l’assise est d’un confort royal, notamment grâce aux excellents réglages du mobilier sportif : l’automobiliste le plus exigeant trouvera sa position idéale. L’arrière est moins accueillant : si vous êtes grand, la pente du toit ne vous facilitera pas l’accès. De plus, l’espace est compté pour les jambes des passagers et le tunnel de la transmission intégrale compromet sérieusement la place centrale de la banquette. Enfin, Porsche fait preuve d’une certaine mesquinerie en ne prévoyant pas la moindre petite place sur le tunnel central pour acheminer un peu d’air climatisé vers les occupants de l’arrière. On trouve pourtant ce type d’élément sur n’importe quelle Golf actuelle. Quant au coffre de 500 litres, il offre un volume raisonnable et facile d’accès grâce à des formes droites. Le constructeur a prévu un bon système pour arrimer la cargaison : on déplore d’autant plus le haut seuil de chargement qui ne se franchit pas sans effort. Mais nous sommes chez Porsche, et la rigidité générale prime sans doute sur la facilité…

COMPORTEMENT

Porsche est un concepteur particulièrement créatif, toujours en quête de solutions originales. Qui d’autre aurait pu imaginer des voitures de cette tenue à partir d’un concept « non sportif » comme le moteur à l’arrière (911) ou le SUV (Cayenne) ? Pour y parvenir, les Allemands développent des composants inédits, et sur le Macan le résultat est, une fois de plus, étonnant. D’une rigidité impressionnante, le châssis inspire une parfaite confiance au conducteur sportif. La finesse des réglages de la direction procure des sensations naturelles garantes d’un plaisir de conduire permanent. En mode sport, plus particulièrement, le châssis du Macan reste très longtemps neutre, et rien ne vous empêche de prendre les courbes à des vitesses insensées pour un SUV. Parfait, le Macan ? Pas tout à fait. Le bon châssis et le moteur diesel volontaire feraient presque oublier le poids de l’ensemble, voisin de deux tonnes. C’est au freinage que le Macan avoue ses limites sportives. L’efficacité des freins n’est pas en cause, mais les deux tonnes se font inévitablement sentir. D’origine Audi, le trois litre diesel délivre une puissance de 258 ch et 580 Nm de couple. Quant à la boîte PDK robotisée, elle porte la signature Porsche, de même que la traction intégrale, qui envoie plus de puissance à l’essieu arrière pour intensifier les sensations de la conduite et affiner la précision de la direction. La consommation du test – 8,2 litres – est très correcte vu la puissance.

BILAN FLEET

Porsche nous a concocté un remarquable SUV débordant de qualités sportives. L’emblème Porsche restera-t-il alors synonyme d’une bonne valeur résiduelle, donc d’un prix de leasing intéressant ? C’est à voir. Le constructeur qui évolue dans le sens d’un produit « de masse » doit aussi assumer les conséquences de volumes plus importants. La valeur résiduelle du Cayenne se situe au niveau de BMW et Mercedes. Autrement dit, le surcoût de l’écusson Porsche reste une affaire de cœur plutôt que de raison. Score sur 5 :

  • En ville: 4
  • Route secondaire: 5
  • Autoroute: 5
  • Valeur résiduel: 3