Ultimate Ads Manager

La mobilité au coeur des Législatives 2018 : comparaison des programmes des 4 grands partis luxembourgeois

Ce lundi est un jour de rentrée en Belgique et en France mais c'est aussi la rentrée politique. Alors que les élections législatives du 14 octobre 2018 se rapprochent à grand pas, force est de constater que la mobilité sera au coeur des débats ! Avec 1,7 million de trajets motorisés par jour (mais 250.000 sièges vides entrant à Luxembourg tous les jours), la mobilité impacte le quotidien des résidents et des frontaliers. Le problème des embouteillages sur les grands axes frontaliers est clairement un enjeu majeur pour l'économie luxembourgeoise.

Le Luxembourg a le nombre record de voitures par habitant. En outre, le flux de frontaliers qui entrent tous les jours dans le pays ne cesse d’augmenter et la voiture reste le moyen de transport le plus utilisé. Il en résulte une augmentation des embouteillages sur les grands axes frontaliers en provenance de Metz, Arlon ou Trèves mais aussi dans la ville. Avec l’essor démographique prévu à Luxembourg, la mobilité est devenue un enjeu majeur au niveau politique. Elle impacte en effet nos vies par rapport au bien-être ou à l’équilibre privé/professionnelle. Mais la mobilité impacte également la productivité et donc la compétitivité de l’économie luxembourgeoise. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de débattre de cet enjeu lors de la conférence de notre soirée annuelle du 11 décembre : https://www.link2fleet.lu/events/forum-awards/

 

Des élections cruciales pour l’avenir de la mobilité à Luxembourg

Le résultat des élections législatives d’octobre aura un rôle majeur sur l’évolution de la mobilité au cours des prochaines années. Selon les résultats, on pourrait avoir une prolongation de la politique de mobilité actuellement menée par français Bausch (Déi Gréng) ou une toute nouvelle politique de mobilité si le ministre devait changer. Cela pourrait évidemment avoir des conséquences sur les plans de mobilité mis en place dans les entreprises luxembourgeoises.

Les pouvoirs publics ont évidemment bien compris l’importance de la mobilité et les initiatives pour améliorer la mobilité sont désormais nombreuses, à commencer par la mise en place du tram à Luxembourg, dont se félicitent d’ailleurs tous les grands partis. La mobilité est désormais au coeur des programmes électoraux et constitue d’ailleurs souvent un des piliers des programmes présentés. Nous nous sommes livrés à une comparaisons des priorités des 4 partis politiques majeurs en termes de mobilité.

 

 

LE CSV mise sur les infrastructures

Dans son programme présenté le 13 août, le CSV met clairement l’accent sur les transports en commun (bus, train, tram). Il souhaite une extension du tram vers le Sud (Leudelange) et vers l’est (Niederanven) ainsi qu’un tram rapide entre Luxembourg et Esch-sur-Alzette. Au niveau des routes, le parti mené par Claude Wiseler, prône une intégration directe de pistes cyclables lors de la construction de nouvelles routes ainsi que des routes de contournement à différents endroits sensibles. Enfin, le parti chrétien est en faveur de l’élargissement des autoroutes, avec une 3ieme voie potentiellement réservée au covoiturage, du moins lors des heures de pointe.

Marc Spautz & Claude Wiseler (CSV) – Photo : wort.lu

DP : les transports en commun gratuits pour que la voiture devienne la solution du dernier recours

Le 29 août, le DP a eu l’occasion de présenter son programme de mobilité qu’il inscrit dans la continuité du MODU, actuellement développé par le gouvernement. La mobilité s’inscrit comme un des 5 piliers du programme du DP. Claude Lamberty, secrétaire général DP, parle même d’une “offensive sur la mobilité” afin de régler la question des embouteillages récurrents à Luxembourg.

Les points principaux du programme sont les suivants :

  • gratuité des transports en commun. Pour que la voiture devienne la solution du derniers recours et non plus la solution de facilité.
  • extension du tram vers l’est et le sud et mise en place d’un tram rapide vers la 2ième ville du pays (Esch-sur-Alzette)
  • utilisation de nouvelles technologies digitales pour innover en matière de mobilité : systèmes intelligents pour gérer le trafic (feux de circulation intelligents,…)
  • mobilité douce : extension du réseau cyclable, notamment sur l’axe Luxembourg- Esch-sur-Alzette
Marc Hansen et Claude Lamberty (DP) – Photo : rtl.lu

Déi Gréng veut avant tout changer les habitudes en matière de mobilité

Le programme du parti écologiste accorde un long chapitre à la mobilité (chapitre 19). Ce chapitre s’articule autour de 5 axes majeurs et s’inscrit dans la continuité de la politique actuellement menée par le Ministre Bausch (avec notamment les 50 mesures du plan MODU 2,0):

1.Plus de mobilité au lieu de plus de trafic

  • mieux remplir les véhicules vides
  • développer les transports en commun et le réseau des pistes cyclabes
  • planification de nouvelles structures publiques
  • incitants pour aider les utilisateurs à adopter la mobilité douce ou alternative
  • promotion de l’électromobilité ou d’autres solutions alternatives

2. Développement des transports en commun (train, tram, bus)

  • tram rapide Luxembourg – Esch-sur-Alzette
  • couloirs de bus prioritaires sur les autoroutes A5/A4 (grâce aux nouvelles technologies)

3. Créer de l’espace pour les vélos et les piétons (1 tiers des déplacements de moins de 1 km se font encore en voiture)

  • loi pour régir l’utilisation des pistes cyclables
  • route cyclable entre Esch-sur-Alzette et Luxembourg

4. Construction de routes pour le 21ieme siècle (transporter un maximum de personnes en sécurité et dans le le respect des riverains)

  • extension de l’A3
  • renforcement des mesures de sécurité routière (vision 0 morts sur les routes)

5. Solutions numériques au service de la mobilité

  • numérisation en matière de circulation (multimodalité)
  • covoiturage (projet “Copilote”)
  • extension de l’offre Flex Carsharing des CFL
  • étude nationale sur les espaces de parking
  • revoir la tarification des transports en commun (max 1 € par jour et gratuité à moyen terme)
  • révision du système des frais de déplacement forfaitaires
François Bausch (Déi Gréng ) – Photo : Wort.lu

Le LSAP veut réduire les besoins en mobilité

Le LSAP aborde la question de la mobilité sous un angle un peu différent. Sa priorité consiste à diminuer les besoins en mobilité en prônant une flexibilité accrue avec des mesures telles que le télétravail, la décentralisation des administrations publiques, la flexibilité des horaires de travail ou des horaires d’école,…  Le LSAP souhaite également l’installation de P&R de l’autre côté des frontières moyennant des subsides luxembourgeois.

Au niveau des transports publics, le LSAP prône également la gratuité avec une extension de l’offre (notamment au niveau du réseau ferroviaire). Le parti, mené par Etienne Schneider, mise également sur une extension du tram et sur une solution de tram rapide entre les 2 grandes villes nationales.

Au niveau des routes, le programme contient différentes mesures telles que les feux de circulation intelligents, les bandes réservées ou le fait de lier le choix de l’implantation de nouvelles infrastructures à l’offre de transport public. Le LSAP est en faveur de l’élargissement de l’axe Arlon-Luxembourg-Thionville avec une 3° voie réservée aux bus et aux voitures avec passagers.

Enfin en matière de mobilité douce, le parti socialiste souhaite une liaison cyclable entre Luxembourg et Esch-sur-Alzette ainsi que la promotion d’un plan national cyclotouriste (notamment à l’école) sur base du modèle suisse.

Etienne Schneider (LSAP) – Photo : paperjam.lu

 

Synthèse:

Les 4 grands partis se rejoignent sur des nombreuses priorités liées à la mobilité : l’extension du tram, le tram rapide entre Luxembourg et Esch-sur-Alzette, l’extension du réseau cyclable,… Une majorité d’entre-eux prône la gratuité des transports en commun, qui sont mis en avant dans tous les programmes, mais il faudrait aussi analyser la budgétisation de cette mesure.

Deux des quatre partis envisagent un élargissement des autoroutes frontalières en réservant la nouvelle voie aux bus ou aux voitures avec passagers.

Logiquement, Déi Gréng se positionne dans la continuité de la politique actuelle avec un focus sur les solutions de mobilité alternatives alors que LSAP mise sur une réduction des besoins de mobilité via des mesures facilitant la flexibilité.

Synthèse des priorités en matière de mobilité pour les principaux partis luxembourgeois en vue des élections législatives 2018

See more posts