Voiture volante, car sharing, covoiturage, transport en commun 100% électrique… Les solutions de mobilité urbaine sont en train de redessiner les métropoles occidentales, avides de véhicules partagés et moins polluants. Mais si les idées innovantes sont foison, leurs mises en application restent plus restreintes. Pour espérer imposer sa solution ou son produit, il est donc primordial d’être pragmatique.

 

Cette thématique a été la toile du fond d’un breakfast organisé par le Luxembourg AutoMobility Cluster de Luxinnovation, le 31 janvier dernier, auquel ont participé plus de 25 personnes du secteur automobile luxembourgeois. C’est la société Ujet, hôte de l’événement, qui a ouvert les discussions en présentant son scooter 100% électrique.

 

Trois fois plus léger que ses concurrents, il affiche une autonomie de 75 ou 150 kilomètres, selon la version choisie, pour une vitesse de pointe à 45 km/h. À cela s’ajoute un tableau de bord exclusivement digital composé d’un écran unique permettant l’accès au GPS et une connexion à son téléphone portable, qui sert aussi de clé pour le démarrage.

 

Mais c’est avant tout grâce à son design qu’Ujet compte s’imposer sur le marché. Sa ligne asymétrique et tout-à-fait inhabituelle pour un deux roues lui permet d’attirer les regards et d’attiser la curiosité. «Nous avons voulu que le design soit l’un des éléments centraux de ce scooter, car au-delà de son aspect innovant, il doit être attractif», a expliqué Albane Siramy, Global Corporate Affairs & Sustainability Director chez Ujet. «Nos designers se sont inspirés de l’architecture urbaine pour refléter au mieux le dynamisme des villes», a-t-elle complété.

 

Intervenir dès la conception

De design, industriel cette fois, il en est aussi question dans les usines. Car l’innovation peut également bouleverser les interactions entre le conducteur et son véhicule. Qu’il s’agisse de scooters, mais aussi, et surtout, de voitures. «Comme pour les scooters d’Ujet, les constructeurs automobiles tentent d’alléger leurs véhicules pour en réduire la consommation, mais une portière plus légère est synonyme d’une qualité inférieure pour les consommateurs, car lorsqu’il s’agit de la fermer, la sensation est moins agréable», note Lucas Cicero, le directeur commercial d’EZ Metrology, qui présentait également ses produits lors de l’AutoMobility Breakfast.

 

Cette société américaine, qui tente de percer le marché européen depuis le Luxembourg, a développé une technologie pour mesurer l’effort de fermeture d’une portière. Son système, qui s’adapte facilement à n’importe quelle voiture, permet une remontée rapide des données (force, pression, bruit) liées à cette action. Ces informations permettent aux ingénieurs de travailler dès le stade de conception aux meilleures sensations possibles pour les futurs utilisateurs du véhicule.

 

Travailler sur les habitudes

L’adoption du scooter Ujet, comme celle de nouveaux véhicules innovants, passera toutefois par un nécessaire changement des habitudes de déplacement. Également présent lors de l’AutoMobility Breakfast, Antonio da Palma, de l’Automobile club du Luxembourg (ACL), a présenté la formation Mobility manager. «Les entreprises sont largement responsables des pics de trafic que l’on peut observer le matin et le soir. Et elles s’en rendent compte», argumente-t-il. «L’idée est d’encourager les sociétés d’une certaine taille – nous pensons qu’à partir de 50 employés cela peut faire du sens – à nommer une personne qui aura la responsabilité de cartographier la provenance des salariés et de leur proposer des solutions de mobilité adaptée.» La formation de l’ACL a été développé en collaboration avec l’Université du Luxembourg et se déroule sur trois jours. Une première édition a été proposé l’année dernière et la prochaine aura lieu au mois de mars.

 

«Ce qui est sûr, c’est que l’industrie de l’automobile va devoir se réinviter rapidement et développer de nouveaux produits supportés par de nouvelles compétences, tout en maitrisant les coûts. C’est la seule solution pour affronter une concurrence féroce venant de l’étranger et d’entreprises issues d’autres secteurs, comme celui de l’ICT», conclut Anthony Auert, le manager du Luxinnovation AutoMobility Cluster.

 

Source : Luxinnovation