L2F : “Quelle est votre réaction suite à la décision de la ville d’injecter 2,8 millions dans le développement de Carloh ?”

Patrick Hein : “L’augmentation de capital de Carsharing Luxembourg S.A. s’effectue dans le cadre du développement des activités de Carsharing de Carloh sur la totalité du territoire de la Ville de Luxembourg, et ceci afin de pouvoir compléter l’offre actuelle qui est encore en quelque sorte limitée aux principaux quartiers de la Ville. Carloh représente déjà un maillon fort au sein de la chaîne de la mobilité de la Ville de Luxembourg, et cette augmentation de capital va donc concrètement renforcer cette solution, afin de permettre à de plus en plus de résidents d’abandonner leur véhicule personnel et d’utiliser de plus en plus la mobilité douce, vu que le Carsharing sera de plus en plus présent pour répondre aux réels besoins de déplacements en voiture en parallèle des transports en commun.”

 

 

L2F : “Vous pensez que la voiture a toujours bel et bien un avenir à Luxembourg ? Pourquoi ?”

Patrick Hein : “La voiture sera encore longtemps une nécessité afin de pouvoir donner une réponse à certains types de déplacements qui ne peuvent actuellement pas être effectués uniquement avec des solutions de mobilité douce. L’intérêt de Carloh  est de proposer et de continuer à développer une infrastructure de Carsharing est en lien direct avec la complémentarité de la chaîne de mobilité douce. L’objectif est ici de fournir une réelle alternative à la possession d’un véhicule privé,  des véhicules privés qui parcourent de moins en moins de kilomètres : les personnes gardent ainsi la flexibilité de recourir à un déplacement avec une voiture en cas de réel besoin grâce au Carsharing, et peuvent mettre de côté l’aspect coûteux lié à la possession d’une voiture personnelle.  Bon nombre parcourent moins de 5000km voir même moins de 3000km par an. Ceci est à la fois une problématique pratique et culturelle, dans la mesure où à Luxembourg les personnes sont en moyenne plus « attachées » à la possession d’une voiture privée que dans le reste de l’Europe, et donc faire recours à l’auto-partage n’est pas encore une sorte de réflexe, mais cette tendance est en train de s’inverser progressivement, même si ce phénomène prendra encore de nombreuses années afin que l’auto-partage devienne plus instinctivement une alternative pour des besoins de déplacement hors mobilité douce.”