Selon une directive adoptée hier par le Parlement européen, la limite actuelle de longueur des poids lourds circulant dans l’Union européenne sera allongée de 2 mètres à 20,75 m. En revanche, la circulation transfrontalière des “méga-camions” qui peuvent atteindre 25 m de long et 60 tonnes, ne sera pas autorisée.

Le Parlement européen a adopté hier la directive révisée sur les dimensions et le poids maximum des poids lourds à 606 voix pour et 54 contre. Avec l’adoption de ce texte, les députés ont autorisé l’allongement des poids lourds pour améliorer leur aérodynamisme et ainsi réduire leur niveau de consommation et d’émissions. Ainsi, la limite actuelle de 18,75 m de “longueur chargée” passera à 20,75 m à partir de 2022.

Les députés ont également autorisé par leur vote la conception de cabines de forme arrondie pour améliorer l’aérodynamisme mais aussi la visibilité des conducteurs (pour plus de sécurité). Selon les calculs de la Commission, l’allongement des véhicules, les cabines arrondies ainsi que l’installation de déflecteurs aérodynamiques à l’arrière des remorques (autorisée par ce texte) pourraient permettre de réduire de 10 % la consommation de carburant et les émissions des poids lourds, sans toutefois toucher à la capacité de charge. Selon les estimations de l’association Transports & Environnement, une baisse de 10% de la consommation représente une économie de carburant de 3 000 euros par an et par véhicule (pour un véhicule effectuant 100 000 km/an, au prix du Diesel actuel) pour les transporteurs.

Les députés se sont en revanche opposés à l’utilisation transfrontalière des méga-camions – les 25,25 m et les 60 tonnes – dont la circulation n’est autorisée que dans une poignée de pays européens (Suède, Danemark, Finlande, Pays-Bas). Les défenseurs de ces méga-camions insistaient sur le fait que ces véhicules permettent de transporter plus de marchandises et de réduire ainsi les émissions de CO2 par tonne de marchandise transportée. La majorité des députés soutenait à l’inverse qu’une autorisation de circulation de ces véhicules à travers l’UE allait défavoriser l’utilisation d’autres modes de transport plus écologiques comme le fret ferroviaire. Les députés ont néanmoins demandé à la Commission européenne d’effectuer une étude sur l’impact de la circulation transfrontalière de ces véhicules sur le transport intermodal, la sécurité, la concurrence, le coût d’adaptation des routes et l’environnement d’ici 2016. En fonction des conclusions de cette étude, une nouvelle proposition législative pourrait être rédigée