A notre avis, de tels annonces créent des incertitudes et des inquiétudes auprès des professionnels concernés et du grand public qui aura tendance à reculer l’acte d’achat ce qui ralentit le rajeunissement du parc automobile et sera néfaste pour l’environnement et notre business. Nous sommes d’avis que de telles déclarations sont en plus complètement déplacées dans un contexte de sortie de crise.

Besoin de politique cohérente de sortie de crise

Le secteur automobile étant fortement touché par la crise avec les concessionnaires en lockdown du 16 mars jusqu’au 11 mai. A la place d’un soutien à ce secteur qui emploie plus de 5.000 salariés, le Ministre se contente de faire un discours hautement préjudiciables par rapport à des entreprises fragilisées.

Les déclarations du Ministre Turmes surprennent alors qu’elles ne tiennent aucunement compte ni de la réalité du secteur automobile ni du plan national intégré en matière d’énergie et du climat (PNEC) qui ne prévoit nulle part de telles mesures.

Le secteur se pose dès lors la question si le Ministre Turmes fait cavalier seul et présente ses propres visions personnelles et fanatiques ou s’il dispose de l’appui du gouvernement entier pour avancer dans un tel sens.

En tant que House of Automobile, nous soutenons activement une électrification progressive et réfléchie du parc roulant qui devrait se dérouler dans un climat de confiance et dans une concertation des parties prenantes en vue d’une stratégie efficace qui sera la clé du succès.

A notre avis il ne faudrait pas ignorer les freins au développement de l’électrification du parc mais les intégrer dans le plan.

Ce dont le Luxembourg a besoin, ce ne sont pas des propos populistes, mais des solutions réalistes, planifiées, cohérentes, partagées et communes qui sont efficaces à grand échelle.

Electrification du parc roulant soutenue par le secteur

Les voitures électriques joueront un rôle important dans la mobilité future et leur part de marché s’accroît de manière progressive, ce ne sera pas dans l’immédiat, mais plutôt à moyen et long terme. L’évolution des motorisations alternatives dépend de nombreux facteurs : l’évolution des normes d’émission, le prix des véhicules, le prix des carburants, l’offre de modèles, la disponibilité du réseau de recharge et de la fiscalité.

La réalité actuelle manque encore de modèles disponibles avec des délais de livraison qui s’allongent, mais surtout d’infrastructures de recharge suffisantes. Il ne suffit pas d’installer quelques bornes de recharge aux lieux publics où on constate par ailleurs de gros retard vis-à-vis des objectifs de 800 bornes, mais il faudrait des aides ciblées pour soutenir les particuliers et surtout les entreprises et concessionnaires pour réaliser les investissements nécessaires, pas seulement pour l’achat des voitures ou l’installation des bornes, mais souvent aussi pour le raccordement coûteux au réseau.

Prime d’achat pour une voiture électrique n’est pas un plan de relance conjoncturelle

Il ne faut pas perdre de vue qu’actuellement, les véhicules électriques ne représentent que 1,8% des immatriculations (2019). Plus que 92% du marché des immatriculations neuves sont toujours composés des motorisations thermiques qui sont favorisés pour les véhicules de société qui parcourent en général un kilométrage très important pour lequel les véhicules électriques ne conviennent pas dans tous les cas.

Les voitures de société sont sans doute un levier important pour la réduction des émissions alors qu’elles sont remplacées plus fréquemment et répondent ainsi toujours aux dernières technologies environnementales.

Nous regrettons qu’en cette période de crise sanitaire et économique, où justement la mobilité individuelle a confirmé son importance, le Ministre avance des propos dérivés de toute logique, qui menacent la survie de nos entreprises et mettent en péril le maintien dans l’emploi de nos salariés.

Communiqué de presse de House of Automobile