JLV : Monsieur Pirsch, l’organisation internationale des constructeurs automobiles annonce une croissance de 2% pour 2014. Qu’en pensez-vous ?

EP : Au niveau européen, je présume que cela est tout à fait possible. Evidemment nous n’avons pas de boule de cristal mais compte tenu de la position peu enviable de certains pays, cela me parait correct. Je ne parle pas ici uniquement de la position luxembourgeoise. Pour nous, la tendance n’est pas mauvaise, au contraire, l’Autofestival et l’après festival ont été bons. Naturellement, de manière globale, nous devrons attendre fin mai pour comparer valablement les chiffres des immatriculations.

JLV : Depuis quelques années, nous avons connu une sérieuse régression du marché de l’automobile à Luxembourg. Les analyses ont montré que le marché aux particuliers a le plus souffert de la crise et que de son côté, le marché « fleet » est resté en évolution, certes minime mais malgré tout positif. Que pouvons-nous prévoir pour 2014 ?

EP : Nous prévoyons un exæquo pour la vente aux particuliers, sachant que la chute fût de plus de 7%. Évidemment, à l’heure actuelle, nous avons encore beaucoup d’inconnues. Je pense à l’augmentation du taux de TVA qui pourrait prendre effet en juillet, en octobre ou même peut-être en 2015. Il est clair que l’impact généré par cette décision sera important vis-à-vis des particuliers. Ce dernier pourrait pousser le client à commander avant la nouvelle application sachant que 2% de majoration représente des montants importants. Sur le plan logistique, nous devons également être prêts à pallier aux éventuels achats pré-augmentation.

JLV : On sait que la crise ralentit les achats impulsifs des consommateurs ou des utilisateurs. Parallèlement à cette situation, nous constatons une croissance importante du marché VO (voitures d’occasion). Ne pensez-vous pas que cette dernière pourrait cannibaliser le marché des voitures neuves ?

EP : Vous avez raison, c’est évidemment pour cela que nous organisons le festival de la voiture d’occasion. Mais, nous disposons également d’un avantage indéniable sachant qu’en général, les véhicules vendus au Luxembourg son très bien équipés. Pour cela, même dans la recherche d’une voiture d’occasion, le client souhaitera également un niveau important d’équipement et permettra ainsi de conserver le marché au Luxembourg. Notons également que, très souvent, un véhicule luxembourgeois est un véhicule qui a été très bien suivi et entretenu.

JLV : Avez-vous constaté des changements d’habitudes lors de l’Autofestival ? Le client se dirige-t-il vers des véhicules de plus petites tailles ou moins polluants ?

EP : Non, le mixte est très bon. Pour cela, il y a plusieurs raisons. Avant, avec la prime à la casse, nous vendions beaucoup de petites voitures. Malgré tout, une certitude est que les gens achètent moins de superflus. La sécurité et l’écologie restent évidemment des éléments importants lors de la décision. Le client se dirigera beaucoup plus facilement vers des véhicules aux taux d’émissions limités ou à la consommation moins importante. Un élément prépondérant est l’approche du client en termes de coût. On ne se pose pas simplement la question du prix du véhicule, mais bien de son coût tout au long de son utilisation. Nous citerons en exemple la demande du nombre de km entre les révisions, etc….

JLV : Le particulier réagirait-il en termes de TCO ? (Total Cost of Ownership) ?

EP : Tout à fait, c’est vraiment sa nouvelle préoccupation. L’intégration du coût total dans le budget familiale.

JLV : Avez-vous remarqué une évolution dans le choix des nouvelles alternatives Hybrides ou électriques ?

EP : Effectivement, même les sociétés de leasing offrent maintenant des solutions pour ce type de véhicules. C’est certain que nous connaissons encore quelques freins mais avec l’aide du gouvernement et des constructeurs, on devrait bien évoluer à ce sujet.

JLV : Des projets à venir pour la Fédération ?

EP : Oui, nous réfléchissons beaucoup sur la bonne organisation de nos actions. Les jeunes sont également mis en point de mire.