L’intérêt croissant pour les véhicules électriques s’ explique notamment par un choix plus vaste de modèles. De plus, la plupart de ces nouveaux véhicules zéro émission sont attirants et donc mieux perçus. Les véhicules électriques de nouvelle génération n’intéressent plus seulement les ‘ écolos’ les plus convaincus. Ils attirent aussi les ‘ early adopters’, toujours prêts à suivre les nouvelles évolutions technologiques. Parmi ces nouvelles voitures électriques qui séduisent, les plus populaires sont avant tout la Tesla Model S et la BMW i3, mais aussi la e-Golf et la Focus électrique. Ces véhicules doivent certes toujours composer avec une autonomie réduite, mais les constructeurs travaillent dur pour s’améliorer sur ce point. En fonction de la version, la Tesla Model S affiche ainsi une autonomie de 300 à 400 kilomètres. Soit entre 50 et 100 % de plus que toutes les autres voitures électriques. En option, BMW propose un prolongateur d’autonomie sur sa i3, qui est en fait un petit moteur à essence capable de produire de l’électricité si nécessaire.

Le choix de l’électrique

La voiture électrique sera plus facile à utiliser lorsque l’utilisateur pourra recharger son véhicule à la maison, au travail ou dans les lieux publics, comme les parkings à proximité des gares. De plus en plus de sociétés de leasing, comme Belfius, élaborent des programmes de mobilité qui intègrent une borne de rechargement dans l’entreprise. Le véhicule électrique fait ainsi partie d’un programme complet de mobilité. Ce programme peut être complété par des solutions de transport en commun ou la mise à disposition d’une voiture à motorisation conventionnelle pour les périodes de vacances. Mais pour offrir une meilleure chance à ces programmes de mobilité, il faudrait que les législations fiscales et sociales soient simplifiées et mieux coordonnées. Obliger tous les usagers à adopter la voiture électrique n’a pas beaucoup de sens. L’employeur doit accompagner l’utilisateur et analyser le profil de conduite de ses travailleurs afin d’évaluer si certains peuvent utiliser un véhicule électrique. En effet, pour l’utilisation de ce type de voiture, ce n’est pas tant le kilométrage annuel qui importe, mais bien le schéma de déplacement quotidien. Combien de kilomètres le conducteur parcoure-t-il chaque jour et est-ce compatible avec l’autonomie du véhicule et les infrastructures de rechargement disponibles ? Aura-t-il le temps de recharger ? Est-il réaliste de combiner une voiture électrique avec le transport en commun et/ou une voiture à motorisation conventionnelle ?

Hybride ou diesel

Cependant, la voiture électrique conserve ses limites. Il est donc nécessaire de développer une approche créative et d’instaurer un cadre dans lequel ses qualités sont mises en valeur, afin d’aider cette technologie à percer. A priori, la voiture électrique est surtout avantageuse dans la circulation dense des villes. Précisément là où les voitures à moteur thermique sont les moins intéressantes. Une solution intermédiaire existe : l’hybride. Le principe d’une voiture hybride est de transformer en électricité l’énergie cinétique libérée lors d’un ralentissement, au freinage ou à vitesse stabilisée. Cette électricité peut être utilisée plus tard pour rouler en mode entièrement électrique, par exemple dans les embouteillages, ou pour seconder le moteur thermique à l’accélération.

Idéalement, une voiture hybride devrait être utilisée sur des trajets combinant ville et routes secondaires. Le potentiel de ces véhicules peut être renforcé avec un modèle plug-in. En rechargeant le véhicule sur le réseau, l’utilisateur peut augmenter son autonomie en mode électrique de 20 à 50 km selon le modèle. Il doit cependant veiller à économiser l’électricité pour les sections où il pourra se passer du moteur thermique. Si la circulation est fluide sur la petite ceinture de Bruxelles, cela n’a guère de sens de rouler en mode électrique. Ce mode est surtout utile dans les embouteillages. Attention également : avec un modèle plug-in, il est essentiel que le conducteur n’oublie pas de recharger sa batterie sur le réseau. De plus, le mode électrique doit être sélectionné au moment le plus opportun. Et lorsqu’on circule en mode hybride classique, mieux vaut laisser de côté l’éventuelle position ‘Sport’. Une conduite anticipative permet de réaliser de réelles économies. Il faut ainsi conserver une certaine distance avec le véhicule qui précède et réduire sa vitesse à temps en approchant d’un feu rouge ou d’une file.

Faut-il en conclure que l’ère du diesel est révolue ? Non. Cette motorisation reste la plus intéressante pour les conducteurs qui parcourent plus de 17 000 km par an et font beaucoup d’autoroute, où ils gardent une vitesse stable. Le plus important avec un moteur diesel, c’est de passer les rapports rapidement, de maintenir les distances et de choisir une vitesse qui permet de s’intégrer au flux de la circulation.