En 2017, DHL Group, la branche logistique de l’Allemand Deutsche Post, signait la convention EV 100, s’engageant ainsi à réduire ses émissions à zéro net d’ici 2050. EV100, une initiative mondiale menée par l’ONG Climate Group, rassemble des entreprises engagées à faire du transport électrique la nouvelle normalité d’ici 2030.

Dans le cadre du renouvellement quinquennal de ses utilitaires, DHL Luxembourg, a décidé cette année d’équiper ainsi une partie de sa flotte. Laurent Calvi, Coordinator Fleet et Infrastructure chez DHL Luxembourg, est en charge du projet. Il gère à la fois le parc automobile du logisticien, organise les tournées des véhicules, et s’occupe de la maintenance des bâtiments du siège de Contern.

Laurent Calvi, Coordinator Fleet gère à la fois le parc automobile et organise les tournées des véhicules.

 

L’électrique sur circuits courts

Les 8 premiers Mercedes Sprinter et Volkswagen Crafter seront livrés en décembre, pour les tournées de moins de 80 kilomètres par jour, à savoir dans la capitale et ses alentours. Autant de bornes de recharge seront installées sur le site. Sur ce segment des courtes distances, le spécialiste de la livraison express compte également électrifier les 17 autres utilitaires arrivant en fin de leasing en mars 2022. Les commandes seront effectuées en septembre prochain.

Selon les tarifs proposés par les concessionnaires et par les sociétés de leasing – principalement Leaseplan, mais aussi Arval – DHL Luxembourg optera pour l’achat ou bien la location à 4-5 ans des véhicules. D’après des projections internes, la première solution paraît moins chère. Et il faut mettre perspective tous les éléments. MAN et Volkswagen proposent notamment des meilleurs tarifs que Mercedes, mais leurs batteries sont moins performantes (120 km d’autonomie) que chez le constructeur de Stuttgart (170-180 km).

VW, MAN ou Mercedes ? Location ou achat ? DHL Luxembourg fait ses comptes.

 

En outre, Mercedes propose un contrat « full service », négocié par DHL au niveau mondial : « Tout est garanti sur le véhicule : la casse, l’usure, etc., » précise M. Calvi, ajoutant que la majorité des dommages provient d’accrochages, lors de manœuvres de stationnement, avec des murets et des poteaux, et non d’accidents sur routes avec des tiers.

A contrario, le leasing s’avère moins contraignant en termes de maintenance et de formalités. Seule restriction : ne pas dépasser 120.000 km au compteur sur la période de location.

Pour les tournées supérieures à 80 km – les véhicules roulant en moyenne 120 km/jour pour desservir le reste du pays – les utilitaires de DHL Luxembourg garderont leurs moteurs thermiques, faute d’autonomie électrique suffisante et d’alternatives hybrides sur le marché.

Le passage à l’électrique reste toutefois une inconnue : « Les utilitaires sont encore très récents. Nous avons donc peu de retour sur les batteries ; nous ne savons pas si leur autonomie chutera au fil des années, » explique M. Calvi. « Seule certitude, nous aurons moins d’entretien à effectuer, car il y a moins de pièces tournantes, et plus aucune vidange à faire… Les freins seront certainement le plus gros problème : ils s’usent plus vite, il faudra donc les changer plus souvent ».

Le passage à l’électrique recèle encore de nombreuses inconnues pour DHL.

 

Freins organisationnels

Outre la réduction de ses émissions de pollution atmosphérique via l’électrification de ses véhicules, le groupe logistique a mis en place son programme Go Green. https://www.dhlexpress.be/fr/go-green-2/

Entre autres initiatives écologiques, celui-ci prévoit un partenariat avec des entités locales pour planter un million d’arbres par an. Au Luxembourg, le groupe coopère dans ce domaine avec la commune de Contern. Toutefois, ce financement émane essentiellement des clients, via des colis sur-tarifés pour l’occasion.

Autre mesure promise par la marque rouge et or : verdir les chaînes d’approvisionnement avec 70% de livraisons propres d’ici 2025. Au niveau grand-ducal, DHL et sa centaine de salariés (dont 44% de chauffeurs) quitteront le siège actuel d’ici 5 ans, pour un site aux infrastructures plus durables. Pour ses tournées de moins de 80 km, la filiale a aussi demandé à sa trentaine de sous-traitants de passer à l’électrique.

Parfois toutefois, efficacité logistique et gouvernance écologique ne riment pas. Avec la pandémie, la société est passée de 2.700 à 3.200 clients par jour, et le groupe n’a pas toujours su adapter ses processus à la situation. Ainsi, au début du confinement, les grands groupes ont fait livrer des ordinateurs à leurs employés postés en télétravail. Ne desservant pas les régions frontalières françaises et allemandes, DHL Luxembourg a dû faire transiter les palettes de matériel bureautique depuis son réseau, par avion via Bruxelles, Paris, Berlin ou Munich, les machines et logiciels étant ensuite acheminés par camion jusqu’à Metz-Thionville-Longwy ou en Sarre et dans le Palatinat-rhénan, contrairement à leurs collègues du Luxembourg belge livrés eux depuis Contern.