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DEBAT SUR LA MOBILITE : Comment découpler croissance économique et augmentation du trafic routier ?

Le 19 avril dernier, un débat de consultation sur la mobilité a eu lieu à la chambre des députés du Luxembourg. Ces derniers ont débattu sur les questions posées dans le papier de préparation du Ministre du Développement Durable et des Infrastructures, François Bausch, afin d’agir sur la mobilité. Ce débat avait pour but principal d’écouter les avis et suggestions en amont de la présentation, au printemps prochain, de la stratégie globale du gouvernement sur la mobilité durable, dite « MoDu 2.0 », couvrant la période 2023-2033.

En 2012, la stratégie globale pour une mobilité durable “MoDu” a été présentée au grand public.  Le MoDu de 2012 a le mérite d’avoir ancré le concept de la multimodalité dans le discours public et d’avoir formulé des objectifs clairs pour une évolution des parts modales en faveur des transports en commun, de la marche à pied et du vélo.

 

C’est dans un esprit de priorité nationale que le gouvernement actuel s’est attelé à la mise en œuvre de projets et de concepts esquissés dans MoDu, même s’il en a accéléré certains et en a rajouté d’autres. Le gouvernement ne compte pas faire de la nouvelle stratégie nationale pour la mobilité un bouleversement, mais comme l’intitulé « Modu 2.0 » l’indique, un saut qualitatif de la stratégie actuelle.

 

Le papier de préparation souligne les trois changements forts des dernières années, ayant un impact direct sur la mobilité : un volume de plus en plus large des investissements, une croissance et un développement démographique fort et un changement de la mobilité.

 

Le Ministre Brausch a également rappelé qu’il est vain de penser que la simple augmentation capacitaire de toutes les infrastructures existantes aboutirait à une solution pour la mobilité de demain. En effet, selon lui, « une telle approche ne pérenniserait que les parts modales actuelles, reproduirait les problèmes actuels à une échelle plus grande et ferait peser sur les générations futures des frais d’entretien ingérables. »

 

De plus, les récents changements qui bousculent la mobilité, à savoir la digitalisation, la décarbonisation et le changement de paradigme, ne doivent pas être négligés. Ces tendances ont pour but de mettre la personne, et non plus le véhicule, au centre de la mobilité en milieu urbain et doivent ainsi être prises en compte par le gouvernement.

 

Afin de mieux agir pour une mobilité durable, tous les acteurs de la mobilité, i.e. l’Etat, le citoyen, les communes, les employeurs et les établissements d’éducation, doivent œuvrer ensemble.

 

Plusieurs propositions préliminaires ont été présentées afin d’atteindre une meilleure mobilité d’ici l’horizon 2025. Des actions à courts et moyens termes ont ainsi été envisagées suite aux questions posées par Mr le Ministre Bausch.

 

Les questions présentées par le ministre étaient les suivantes :

  • Faut-il adapter les infrastructures et l’offre des transports en commun aux pics horaires ou plutôt aplatir et étaler les pics par une gestion de la demande aux heures de pointe ?
  • Faut-il promouvoir le covoiturage systématique afin d’augmenter le taux d’occupation des voitures privées pour les trajets domicile-travail ? Par quelles mesures ?
  • Quels sont les objectifs de parts modales à préconiser pour les trajets domicile-travail à l’horizon 2025 ?
  • Quels sont les objectifs de parts modales à préconiser sur le trajets domicile-éducation à l’horizon 2025 ?
  • Est-il Pertinent d’intégrer systématiquement les infrastructures cyclables dans les projets routiers ?
  • Faut-il donner la priorité aux modes de transport économes d’espace public aux heures de pointe ?
  • Quels objectifs faut-il fixer en termes de qualité et de continuité de service pour les transports en commun à l’horizon 2025 ?
  • Faut-il proposer aux 4 acteurs de la mobilité (particuliers, entreprises, État et communes) des actions facultatives concrètes à entreprendre ? Une liste d’outils annexes a ainsi été présentée :
  • L’aménagement du territoire (b) l’aménagement de l’espace public et les règlements de circulation (c) la gestion du stationnement (d) les transports en commun € l’autopartage (car-sharing, c.-à-d. location de voitures à court terme dans les quartiers) (f) la mobilité comme service (les déplacements « à la carte » organisés par smartphone) (g) les incitations financières (h) télétravail ou espaces de co-travail (i) la décarbonisation des transports.
  • Quels sont les outils adaptés pour améliorer la mobilité au Luxembourg ?
  • Faut-il élaborer une vision cohérente pour la mobilité au-delà de 2025, à savoir 2035 ?

Il faudra maintenant attendre le Printemps pour connaître les actions concrètes que va prendre le gouvernement dans le cadre du MoDu 2.0.

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