Bob Walté, Managing Director de LeasePlan Luxembourg … des années d’expérience

Nous n’avons pas souhaité rencontrer Monsieur Bob Walté pour lui faire dévoiler quelques indiscrétions en terme de stratégie propre à son enseigne au Luxembourg, mais bien au contraire, nous avons souhaité rencontrer l’homme de métier, le « vieux sage » (j’espère qu’il nous pardonnera la formulation) présent depuis plus de 23 ans dans le marché fleet luxembourgeois. Et même si les années qui ont précédées ne concernaient pas l’automobile, Bob Walté étant issu du monde bancaire dont certaines pratiques sont également utilisées dans l’élaboration des éléments de leasing.

Avant toute chose, tel un véritable artisan amoureux de son métier de ‘leaser’, le Managing Director de LeasePlan Luxembourg présente ses activités comme étant chez lui une véritable passion. Il n’y a pas à s’y tromper, les réponses obtenues sont loin d’être « tatillonnes ». Même si à ses débuts, le marché de la location était on ne peut plus restreint, aujourd’hui il  couvre quelque 35% du marché Fleet au Luxembourg qui totalise  près de 100 000 véhicules au Luxembourg, c’est vous dire si Monsieur Walté a vécu toutes les étapes du développement du marché, même si pour lui le marché est encore loin d’être arrivé à maturité.

Historiquement, la formule de location trouve ses origines dans les pays anglo-saxons, avant de transiter par les pays scandinaves et enfin se développer dans les régions francophones telles que la France, la Belgique et le Luxembourg. Côté croissance, elle est plutôt languissante malgré des périodes d’augmentation à 2 « digit », on a constaté depuis le début de la crise (2008-2009) un certain tassement de l’évolution même si aujourd’hui une reprise se fait ressentir bien heureusement.

Pour Monsieur Walté, plusieurs raisons ont expliqué ce ralentissement dont la maîtrise des coûts liée à l’incertitude des perspectives  économiques  et la création des emplois un tantinet freinée ( même s’il faut admettre que le Luxembourg reste toujours en position confortable dans cette discipline).

Phrase en exergue : Il faut se mettre la barre très haute. Il faut aller chercher la croissance grâce à l’ouverture de nouveaux canaux de distribution, l’innovation, la proximité et un service sans faille  à nos clients et conducteurs…

Un véritable problème de fond !

Pour Bob Walté, nous avons un véritable de fond, fruit entre autre de la digitalisation et de la globalisation. Globalisation qui permet aux entreprises de délocaliser parfois même sur d’autres continents, des services entiers et maîtrisant voire réduisant ainsi sa masse salariale. Et à Monsieur Walté d’ajouter … avec beaucoup de lucidité «je ne suis pas certain que dans une dizaine d’année, les collaborateurs dans les pays émergents n’auront pas les mêmes exigences que chez nous, en terme de salaires. Nous devons être très prudents et éviter à terme les éventuels dérapages.

D’un autre côté, le patron de LeasePlan reste très optimiste, en effet selon lui, la position géographiquement centrale du Luxembourg par rapport à l’Europe, devrait permettre le développement de marchés de niches dans le domaine des services, et ainsi donner à notre capitale européenne un autre visage que simplement celui d’un centre financier.

Le Luxembourg, un centre de compétences

L’objectif n’est pas inatteignable, le Luxembourg pourrait devenir un centre de service ou par service d’encadrement de gestion de parcs automobiles d’entreprises appelés aussi « Pan-European Fleet Management » (je ne rêve pas !). Nous devons profiter encore davantage de notre culture multi-linguistique et de toutes les autres compétences qui s’y greffent.

Phrase en exergue : Le ‘cost management’ est un passage obligé pour tous les secteurs qu’il soit industriel ou économique, les soucis sont identiques.

Plus de 40 % des immatriculations « Fleet » en achat propre !

L’effet de la crise n’a pas nécessairement incité les entreprises à opter pour une formule de location au terme de parc automobile. Il faut dire que les taux d’intérêts débiteurs étant depuis des années relativement bas, et un nombre important de sociétés luxembourgeoises étant fortement capitalisées, le besoin de liquidité ne s’est pas vraiment fait sentir.

Ceci explique par conséquent le nombre important de véhicules d’entreprises acquis en achat propre. Je souhaite cependant  souligner qu’en terme de respect environnemental, ces quelques 40 000 véhicules risquent bien d’être conservés par leurs entreprises propriétaires bien plus longtemps qu’un véhicule faisant l’objet d’un contrat de leasing opérationnel  ( 48 mois en moyenne) et ne contribueront de ce fait pas  à une réduction accentuée des  taux moyens de CO².

La seconde raison du manque de croissance de la location concerne plus directement les services publics luxembourgeois  qui continuent à financer leurs parcs de véhicules via l’achat propre plutôt que de passer par la location. La location leur permettrait indéniablement  de mieux maîtriser et contrôler leurs dépenses budgétaires, surtout en périodes de déficits budgétaires. D’autres pays ont déjà depuis longtemps franchi ce pas.

La mobilité

« Je pense, nous confirme Monsieur Walté, que compte-tenu du nombre d’utilisateurs potentiels, sachant que nous comptons 565.000 résidents (ce chiffre pourrait atteindre 750.000 en 2030… si ce n’est pas avant) auquel on ajoute 190 000 navetteurs frontaliers, signifie que se cantonner au développement de solutions de mobilité uniquement dans notre pays, sans l’élargir à la Grande Région serait complètement borné et faux. Nous devons absolument tenir compte de nos pays voisins qui alimentent jour après jour l’économie nationale par le biais de leurs frontaliers. On ne peut en aucun cas essayer de promouvoir des solutions de mobilité exclusivement sur le théâtre luxembourgeois au vu de la dimension  internationale de cette problématique. »

Le Luxembourg doit être intéressant sur le plan salarial, mais également en termes d’accès !

Le message est clair pour Bob Walté, « dire que le nombre de véhicules composant le parc roulant luxembourgeois ne va pas augmenter est totalement faux ! » et à lui de s’expliquer sur le développement important de la démographie qui compensera d’un autre côté la volonté d’acheter moins de véhicules par famille et par souci de trouver d’autres solutions complémentaires de mobilité ». Un discours encourageant de la part d’un professionnel à la longue expérience, qui laisse aussi présager encore de très bonnes années pour notre marché. Donc même si la génération « Y » va plus vers l’économie de partage, la voiture aura toujours sa place au sein des différents cycles de vie afin de répondre aux nombreux besoins personnels, de couples,  des ménages ou tout simplement spontanés  ou sporadiques.

Comment voir le marché fleet dans l’avenir ?

L’accès au package salarial offert aux candidats ou aux compétences comprend encore très souvent le véhicule, garant de la mobilité du collaborateur. Il me semble donc inconcevable d’enlever de cette proposition la voiture « fleet ».  Par contre, la répartition des dépenses risque fortement d’être modifiée, changement des mentalités et des habitudes obligent !

Le conseil de Bob !

Une qualité propre aux habitudes luxembourgeoises est très certainement la proximité. Nous devons impérativement capitaliser sur cela et surtout ne pas perdre cette valeur. Le service adapté passe inévitablement par là connaissant et  réévaluant inlassablement les besoins réels de nos clients et conducteurs, ne perdant surtout pas cette possibilité de compter sur la proximité.